Yahsra Meknes

Certains ont vécu dans l'ancien Mellah, d'autres dans le nouveau Mellah, ou en ville nouvelle mais tous ont en commun le même patrimoine, la même histoire.Aprés l'exode d'Espagne en 1492, plusieurs familles viennent s'installer au Maroc, plus particuliérement dans les villes impériales comme Meknes, Marrackech ou Fes, pour y developper un judaisme sépaharade, une culture, des traditions, des rabanims qui ont enrichit les communautés à travers le monde aprés la seconde guerre Mondiale.Regroupées dans ce qu'on a appelé le Mellah juif, la communauté juive riche de plus de 260 000 membres, parle le Judeo-arabe, un mélange d'hebreu, d'arabe dialectale, et même d'espagnol.Acceptés et reconnus par les différents gouvernants, et malgré les aléas de l'histoire et la création de l'état d'Israel, cette communauté a connu un exode massif dés 1948, avec une acceleration entre 1956 -1967.Au début du 20° siécle, les juifs vivent dans une grande misére, avant de connaitre un essor économique avec le protectorat Français, avec les aides financiéres venues de l'exterieur (Amérique, Israel) qui favoriseront l'émigration vers Israel.Jusque dans les années 80, demeurait une communauté encore fleurissante et dynamique, épanouie grâce aux actions des instances communautaires mais les années d'exode ont à jamais marqué les esprits pour rappeler à chacun que desormais notre avenir était ailleurs. Ainsi la communauté a poursuivi son déclin avec le départ tous les ans de nouvelles familles et des nouveaux bacheliers.Pour ma part, je crois que le point de non retour fut atteint dans les années 88 - 90, lorsque les écoles juives de l'alliance israelite furent fermées (faute d'effectifs), avec le départ de nos professeurs.Par la suite, la communauté a connu, un dernier sursaut avec la création du DEJJ, par l'investissement de membres de la communauté dont z"l Raymonde Amar.Le DEJJ a permis aux derniéres generations de s'épanouir dans le respect des traditions et des valeurs juives, en attendant l'obtention du BAC qui signifiait le départ.La plupart ont rejoins la France, d'autres Israel.Depuis les années 2000, il ne reste plus qu'une soixantaine de membres, gardiens des vestiges du passé, vivant leur judaisme selon les traditions, avec les difficultés dues à l'absence de dynamisme communautaire, et de rabbinat. :-(Ce groupe pour rappeler nos joies et nos souvenirs passés.Les photos jointes se rapportent à differentes époques, différentes generations, mais il en manque beaucoup encore. Chacun pourra y apporter sa contribution pour illustrer et se remémorrer des lieux, des moments pour le plus grand plaisir de tous. ----------------------------------------------------------------------"Le village juif de Meknes peut soutenir, pour l'intensité et le sérieux de sa vie collective, la comparaison avec le Stâttel d'Europe occidentale. Il y a eu à Meknes de grands talmidé-hakhamim (sages), d'écoles de futurs talmudistes, des pépinières d'hommes appelés un jour à jouer un rôle dans l'univers; mais aujourd'hui chacun des membres la communauté a sa sagesse, bien à lui, qui est nécessaire à la vie limitée, mais réelle, de l'ensemble. Depuis rabbin jusqu'au shauté (naïf), à travers les notables, les mères de famille, le shamess (bedeau), les pauvres, les étrangers de passage, les enfants, chacun a sa raison d'être, chacun donne à la communauté quelque chose dont elle sent, avec amour et fierté, qu'elle a besoin pour atteindre son but. Ce but n'est pas un objectif lointain. C'est la vie même de tous les jours, scandée au rythme de l'année juive. Le judaïsme marocain a vécu sa religion, c'est là un aspect de sa force." Adapté d'un extrait du livre d'André Neher - " L'existence d'un juif "